|
||||||||||||||||||
![]()
Message de J.Chirac Prédiction du pasteur Histoire du protestantisme Petite histoire du protestantisme
Aumônerie protestante L'aumônerie protestante en Nouvelle-Calédonie
Da Vinci.... Le monothéisme Les intégrismes
![]() |
DA VINCI CODE… QU’ EN PENSER ?
Eléments de réponse
Pasteur Serge Martorana
Introduction
Suite au "tapage médiatique" fait sur le
livre de Dan Brown puis sur le film éponyme à sortir prochainement, on me
demande souvent ce que j' en pense... L’ impact laissé par les thèses de l’
auteur est phénoménal : certains chrétiens sont ébranlés dans leur foi ou ne
savent simplement quoi penser tout en refusant intérieurement mais sans
arguments, les conclusions du livre ; d’ autres reçoivent ces thèses comme
« vérités historiques » et, pour certains, jubilent même à l’ idée que,
enfin, l’ Eglise pourra être mise à mal dans les fondements de sa foi…
Récemment quelqu’un me disait que les
théories présentées par Dan Brown étaient plausibles. C’ est vrai,
mais est-ce parce qu’ une théorie est plausible qu’ elle est
historiquement vraie ?
Qu’ en penser ?
J’ ai donc eu l’ idée de procéder à quelques
recherches afin de me constituer un dossier, et en faire profiter ceux qui
le désirent.
Certains penseront peut-être entendre « la
voix officielle des Eglises » dans les lignes qui suivent. Rassurez-vous, il
n’ y a aucune censure de ma part ni aucune sorte de « pudibonderie
intellectuelle » à l’ évocation du Da Vinci Code.
Il y a par contre le profond désir de donner
à ceux qui s’ intéressent au sujet, des éléments concrets sur le plan
historique, sur celui de la critique textuelle (l’ étude des textes qui ont
servi ou non à définir le canon - l’ ensemble des textes reconnus comme
inspirés - des Ecritures), ainsi que d’ un point de vue artistique.
Dans l’ étude suivante, je propose donc :
A- Une approche historique grâce à l’ analyse
largement étayée de Nicky Gumbel, ancien avocat et pasteur de l’ Eglise
Anglicane en Angleterre. . . .
(3 – 11)
B- Une approche plus théologique et
philosophique avec Paul Wells, professeur de théologie systématique à la
faculté libre de théologie réformée d’ Aix en Provence. .. (12 – 13)
C- Une approche artistique avec deux essais d’ interprétation de l’ œuvre de Léonard de Vinci, l’ Ultima Cena. . . . . . . . . .. (14 – 16)
E- Enfin, je vous proposerai ma conclusion.
. . . . . . . . . . . . . . . . .
(19 – 20)
A- UNE APPROCHE HISTORIQUE :
L’ étude de Nicky Gumbel : « LE DA VINCI CODE, une réponse »
Sommaire
I. Sur quoi repose l’intrigue du Da Vinci
Code? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
II. Dan Brown lui-même croit-il que tout cela
est vrai ? . . . . . . . . ..............................4
III. Quelles sont les preuves avancées par le
Da Vinci Code ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1) le document Q . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . 4
2) Les manuscrits de la mer Morte . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4
3) Les documents de Hag Hammadi . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
a) L’Evangile de Thomas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . .. . . 6
b) L’Evangile de Philippe . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . ...... . . . . 6
c) L’Evangile de Marie . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . ..
. . 6
IV. Existe-t-il une preuve que Jésus ait été
marié à Marie Madeleine ? . . . . . . . .. . .. . 7
V. Existe-t-il des preuves ‘d’une forme
antérieure de Christianisme’ durant laquelle ‘personne ne croyait que Jésus
était Dieu’ ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. .. . . . .
7
VI. Que s’est-il passé au Concile de Nicée et
quel a été le rôle de Constantin ? . . . . . 8
VII. Où est la vérité ? . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . 10
Notes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . .
. . . . . . . . . . 11
Selon la presse
internationale, le Da Vinci Code, publié en avril 2003 est le plus gros
succès de tous les temps dans la catégorie roman pour adultes. Ce livre
s’est vendu à des millions d’exemplaires, il a été traduit dans des dizaines
de langues et a fait l’objet d’une adaptation au cinéma. Il a fait de son
auteur, Dan Brown, un multimillionnaire.
Dans un article intitulé «“Da Vinci Code”,
faux mystères, vrai succès» (du 09.09.04), le quotidien Le Monde résumait la
situation: «Dans un roman qui est devenu un énorme succès éditorial,
l’Américain Dan Brown raconte que Jésus était l’époux de Marie-Madeleine et
l’ancêtre des Mérovingiens. Crimes et complots, jeux et énigmes jalonnent
l’intrigue.»
(…)
S’il peut y avoir débat sur ses mérites
littéraires, il n’y a aucun doute sur son impact.
(…)
Comment un roman (une œuvre de fiction)
peut-il avoir un tel impact ?
Le Da Vinci Code est un thriller présenté
comme un roman historique: c’est une fiction qui cherche à convaincre le
lecteur qu’elle est fondée sur des faits. D’après le Cardinal George,
Archevêque de Chicago, «c’est absurde mais convaincant pour beaucoup»5.
Alors de quoi est-il question ?
Nous n’avons pas à nous inquiéter de la trame
de l’histoire car par bien des aspects, celle-ci n’a aucun rapport avec les
affirmations théologiques. Il n’est pas question ici d’examiner l’exactitude
des descriptions des divers endroits mentionnés tels que le Château de
Même si le fait de les mentionner a favorisé
le tourisme et les visites de ces sites, l’exactitude des descriptions a
parfois été remise en question. Je n’ai pas non plus de temps à consacrer à
des questions annexes telles que les Templiers, le prieuré de Sion, les
œuvres de Léonard de Vinci, les attaques contre l’Eglise Catholique (le
Vatican) et l’Opus Dei. La plupart de ces thèmes viennent du livre Le sang
sacré et le Saint Graal publié en 1982, et Dan Brown est sous le coup de
poursuites judiciaires de la part de ses auteurs Michael Baigent, Richard
Leigh et Henri Lincoln.
Les racines et le fond du livre sont
théologiques et, en fait elles sont même christologiques. Tout est construit
sur une théorie concernant Jésus et tout le reste de l’histoire ne tient que
s’il y a quelque chose de vrai dans cette théorie.
I. Sur quoi repose l’intrigue du Da Vinci
Code ?
Les personnages du Da Vinci Code affirment
que « une grande partie de ce que l’Eglise nous a enseigné – et nous
enseigne encore – sur Jésus est tout simplement faux »7.
Le livre soutient les affirmations suivantes
:
- L’Eglise Catholique aurait caché les faits
véritables concernant le christianisme par la force et par la terreur.
- Jésus était en fait marié à Marie Madeleine
(qui était le principal disciple du Christ).
- Le Saint Graal n’est pas, comme tout le
monde le croit, le calice utilisé lors de
- Les descendants de Marie-Madeleine et de
Jésus sont devenus les Rois de France8.
- Jésus n’était pas le fils de Dieu.
- Il était un prophète mortel: un homme grand
et puissant d’une influence renversante qui a inspiré à des millions de
personnes le désir d’une vie meilleure.
- Jésus était un féministe convaincu.
- L’empereur païen Constantin proposa une
motion pour élever Jésus au rang de dieu au concile de Nicée en 325 après
JC.
- Jésus a été proclamé fils de Dieu par un
vote avec une faible majorité mais avant cela, personne ne croyait qu’il
était divin.
- La motivation de Constantin était de donner
plus de pouvoir à l’Eglise Catholique.
Comment Dan Brown arrive-t-il à cette
conclusion?
Son argument est que les premiers écrits
chrétiens ne sont pas en accord avec
Le Da Vinci Code suggère que l’Eglise a
dissimulé la vérité à propos de Jésus et que c’est la plus grande
conspiration et dissimulation depuis 2000 ans. Il prétend que des rumeurs de
cette conspiration auraient été chuchotées en d’innombrables langues au
cours des siècles en particulier à travers les arts, la musique et la
littérature et de manière plus spectaculaire dans les peintures de Léonard
de Vinci. Le livre prétend que les restes de ce secret auraient été gardés
jusqu’à nos jours par une confrérie secrète dont Léonard de Vinci aurait été
membre. En résumé, le livre suggère que le christianisme tel que nous le
connaissons serait une imposture de gigantesque envergure.
II. Dan Brown lui-même croit-il que tout cela
est vrai ?
Il y a ici une certaine ambiguïté. Le roman
commence par une page intitulée «Les faits» qui se termine par la conclusion
que «toutes les descriptions d’œuvres d’art, d’architecture, de documents et
de rituels secrets évoqués sont avérés»9. Cela inclut probablement les
écrits du Nouveau Testament et les autres écrits qui se réfèrent à Jésus. Il
est possible que certains lecteurs puissent comprendre que cela signifie que
les conclusions auxquelles il parvient sur Jésus reposent ainsi sur des
faits. Sur le site Internet de Dan Brown, on peut lire «je crois que les
théories discutées par les personnages ont leur mérite». Il n’affirme pas
qu’elles sont exactes ou vraies mais il est en désaccord avec ceux qui
tentent de réfuter le Da Vinci Code. Il se qualifie de chrétien mais se
différencie de «ceux qui acceptent
III. Quelles sont les preuves avancées par le
Da Vinci Code?
Y a-t-il des preuves de l’existence d’une
version du christianisme antérieure à celle dont nous avons une description
dans le Nouveau Testament?
Le Da Vinci Code cite trois sources décrites
comme étant «les premiers textes chrétiens»11. Le livre affirme: «…certains
de ces Évangiles interdits ont survécu. On a découvert en 1947 Les
manuscrits de
Les affirmations à propos de ces trois
documents reposent-elles sur des faits ?
1) le document Q
La seule nouveauté là-dedans est l’hypothèse
selon laquelle Q aurait été écrit par Jésus. Q est la source supposée des
passages des Évangiles synoptiques où Mathieu et Luc montrent une forte
similitude entre eux mais pas avec celui de Marc. Ce manuscrit est constitué
en grande partie de paroles de Jésus. Celles-ci ont été référencées par les
savants allemands sous le nom de «Quelle» (en allemand «source»), abrégé en
«Q». Au 20e siècle, l’hypothèse Q était à la base de presque toutes les
études sérieuses sur l’origine et le développement des traditions des
Évangiles.
L’existence de ce document est d’une certaine
manière sans importance. L’intérêt réside dans le fait que nous savons, en
gros, ce que contient le document Q d’après ce que disent les Évangiles de
Mathieu et de Luc. Il n’y a rien ici qui puisse troubler notre confiance
dans
les documents qui se trouvent déjà dans le
Nouveau Testament. Le document Q n’ajoute rien à ce qu’il y a déjà dans le
Nouveau Testament et n’est certainement pas en contradiction avec les
Evangiles dont nous disposons.
2) Les manuscrits de la mer Morte
Ils ont été trouvés à partir de 1947 près de
Qumran. Ils contenaient 3 éléments:
– Tous les livres bibliques de l’Ancien
Testament sauf celui d’Esther. Par exemple, ils contiennent la plus ancienne
copie du livre d’Isaïe, antérieure aux autres d’au moins 1000 ans.
– Des commentaires bibliques des livres de
l’Ancien Testament, des psaumes et des cantiques
– Des écrits sectaires relatifs à la
communauté de Qumran.
Il est vrai que des retards de publication
ont été à l’origine de théories de conspiration selon lesquelles les
manuscrits contiendraient des informations qui devaient ébranler le
Christianisme. Cependant, il n’est plus possible d’affirmer cela car il n’y
a aucune preuve textuelle qui soutienne cette théorie.
Tous les manuscrits de
3) Les documents de Hag Hammadi
En 1945, deux paysans de Haute Egypte ont
découvert une jarre alors qu’ils étaient en train de creuser. Ils
fracassèrent la jarre, pensant qu’elle contenait de l’or. Ils trouvèrent à
l’intérieur des codex en papyrus. L’un deux, Mohammed Ali, cacha les
manuscrits dans sa tunique, prit son chameau et les ramena dans une
minuscule masure de son village. Quand les documents furent examinés, ils se
révélèrent être des manuscrits de papyrus coptes du 4e siècle. Il y avait 12
codex (anciens manuscrits) et 8 pages d’un codex du 13e siècle. Ils
contenaient 45 chapitres séparés écrits en copte et traduits du grec. Ils
constituent une bibliothèque gnostique qui est une contribution unique par
son importance pour notre connaissance du gnosticisme.
Le gnosticisme est un mouvement très
difficile à définir, un peu comme le mouvement New Age d’aujourd’hui. Il
était ésotérique, décentralisé et éclectique et était le plus grand défi à
la foi chrétienne naissante des 2e et 3e siècle. Il existait une infinie
variété de gnosticisme, mais toutes reposent fondamentalement sur une
dualité radicale entre l’esprit et la matière. Le royaume matériel était
considéré comme mauvais. De «l’Être Suprême» inconnu venait une série
d’émanations ou ‘aéons’: des êtres spirituels de haut niveau capables de
communiquer avec «l’Etre Suprême». Un des aéons inférieurs, qui n’était pas
en contact direct avec «l’Etre
Suprême» était responsable de la création.
Ainsi, même si elle n’est pas complètement mauvaise, la création est pour le
moins maladroite et ignorante: c’est une sphère dont les êtres humains
doivent s’échapper. Le seul moyen de s’échapper est la «gnose»: la
connaissance secrète du vrai dieu. Le salut, pensait-on, consistait à
surmonter l’ignorance par la connaissance de soi. La mission du Christ était
de venir comme émissaire du Dieu Suprême, en apportant la ‘gnose’. Pour les
gnostiques, le Christ en tant qu’être divin n’a pas eu de corps
humain et n’est pas mort. Il a soit habité
temporairement un être humain, Jésus, soit pris une apparence humaine, une
simple illusion.
Le gnosticisme avait tendance à être
docétique. Docétique vient du Grec «Dokeo» signifiant ‘je semble’. C’est une
tendance qui considérait l’humanité et les souffrances du Christ sur terre
comme apparentes plutôt que réelles (c’est à dire que Jésus ne faisait que
paraître être un être humain). C’est une hérésie qui est attaquée dans le
Nouveau Testament (voir 1 Jean 4, 1-3; 2 Jean 7 et Colossiens 2, 8). Même si
elle a commencé à apparaître à l’époque du Nouveau Testament, cette théorie
a atteint son apogée au cours de la génération suivante, en particulier
parmi les Gnostiques.
La découverte des documents de Hag Hammadi a
approfondi notre connaissance du gnosticisme. Il n’y a aucun ‘secret’ dans
ce qui a été découvert à Hag Hammadi (comme sous entendu dans le Da Vinci
Code).
Encore une fois, eux aussi sont disponibles
dans n’importe quelle grande librairie.
Les documents de Hag Hammadi ne sont en rien
les Evangiles. Les «Évangiles» gnostiques ne sont pas historiques, et sont
même anti-historiques, avec peu de narration ou de sens chronologique. Ils
ont été écrits des générations après les faits alors qu’ils se réclament
d’une connaissance directe et secrète à leur sujet. La plus grosse partie
est une pseudo-épigraphie, ce qui est au mieux un procédé littéraire et au
pire une escroquerie. En d’autres termes, on prétend qu’ils ont été écrits
par l’apôtre Thomas alors que cela est tout à fait impossible : il était
mort depuis des décennies – si ce n’est des siècles –, au moment où ils ont
été écrits.
Des écrivains anti-gnostiques tels qu’Irénée,
Tertullien et Hippolyte ont souligné les traits païens du gnosticisme et ont
appelé à se concentrer sur le sens clair de l’Ecriture – tel qu’interprété
par la tradition de l’Eglise – qui a été transmis par une chaîne
d’enseignants remontant aux apôtres. Ils insistaient sur l’identité du
Créateur et Dieu Suprême, sur la beauté de la création et sur la réalité de
la vie terrestre du Christ, en particulier sa crucifixion et résurrection.
Ils affirmaient que les être humains avaient besoin d’être sauvés et
rachetés du mal, plutôt que sauvés d’un environnement maléfique.
Le Da Vinci Code cite trois de ces Évangiles
«gnostiques» comme preuve :
a) L’Evangile de Thomas
C’est une version copte écrite en 400,
traduite d’un original grec probablement écrit en 150. Il n’est pas comme
les Évangiles canoniques. Il est historique dans sa forme, mais est
constitué d’une série de versets concis et de paraboles de Jésus (par
exemple la parabole du semeur, de la graine de moutarde, du métayer, de la
brebis perdue et de plusieurs extraits du sermon sur
homme, afin qu’elle puisse devenir un esprit
vivant ressemblant à vous les hommes. Car chaque femme qui deviendra un
homme entrera au Royaume des cieux.»14
En d’autres termes, pour une femme, le seul
moyen d’être sauvée est de devenir un homme. C’est loin d’être une approche
féministe! Dans le contexte de l’époque, le Jésus du Nouveau Testament
témoigne d’une vue sur la dignité, l’égalité et le statut de la femme bien
plus éclairée et révolutionnaire.
b) L’Evangile de Philippe
Ceci est un autre écrit gnostique trouvé à
Hag Hammadi. Il ne contient pas de récit mais seulement quelques épisodes et
paroles attribuées au Christ. Il se peut qu’il ait été écrit dans la
deuxième moitié du 3e siècle. Cet ‘Évangile’ contient le passage sur lequel
le Da Vinci Code s’appuie pour suggérer que Jésus était marié à Marie
Madeleine. «Et le compagnon de… Marie-Madeleine…l’aimait plus que tous les
disciples et avait l’habitude de l’embrasser (souvent) sur le (ou la)… Le
reste des disciples… Ils lui demandaient: Pourquoi l’aimes-tu plus que nous
tous?»15
c) L’Evangile de Marie
Il appartient aussi au genre du dialogue
gnostique. Il a été écrit à l’origine en grec au cours du 2e siècle. Le
passage sur lequel le Da Vinci Code s’appuie dit: «Alors Pierre dit: ‘Est-il
possible que le maître se soit entretenu ainsi avec une femme sur des
secrets que nous, nous ignorons? Devons-nous changer nos habitudes, et tous
écouter cette femme? L’a-t-il vraiment choisie et préférée à nous?’ Et Lévi
répondit ‘Pierre tu as toujours été un emporté. Je te vois maintenant
acharné contre la femme, comme le sont nos adversaires. Pourtant, si le
Maître l’a agréée, qui es-tu pour la rejeter? Assurément, le Maître la
connaît très bien. Il l’a aimée plus que nous.»16
C’est en se basant sur ces passages que Dan
Brown conclut que selon ces Évangiles non modifiés, ce n’est pas à Pierre
que le Christ a confié ses instructions pour conduire son Eglise après sa
mort, mais à Marie-Madeleine.17
IV. Existe-t-il une preuve que Jésus ait
été marié à Marie Madeleine ?
Il y a au moins une douzaine de références à
Marie de Magdala (ville située sur la côte ouest de
- Elle est décrite comme une femme ayant
souffert de possession démoniaque et de qui Jésus a chassé sept démons.
(Marc 16,9 et Luc 8,2)
- C’est une des femmes qui accompagnait Jésus
dans son ministère (Luc 8,2)
- Elle a été témoin de la crucifixion
(Mathieu 27,56 ; Marc 15,40; Jean 19,25)
- Elle était présente lors de la mise au
tombeau de Jésus (Mathieu 27,61; Marc 15,47)
- Elle était témoin du tombeau vide (Mathieu
28,1- 10; Marc 16, 1-8; Luc 24,10)
- Après sa résurrection Jésus lui est apparu
près du tombeau (Marc 16-9; Jean 20,1-18).
Même les Evangiles gnostiques pris pour
argent comptant ne suggèrent pas qu’il était marié, et encore moins qu’il
ait eu un enfant.
Il est intéressant de le comparer à un autre
texte gnostique, La deuxième apocalypse de Jacques, qui décrit le Christ
ressuscité confiant ses mystères secrets à Jacques en l’embrassant sur la
bouche et en l’appelant «mon bien-aimé». C’est un acte symbolique non sexuel,
cependant l’épisode comporte des ressemblances frappantes avec l’extrait de
l’Évangile de Philippe considéré par le Da Vinci Code comme la preuve du
mariage de Jésus et Marie-Madeleine. De plus, l’Évangile de Philippe a sans
doute été écrit 250 ans après les évènements dont il est question, il n’a
aucun lien avec la réalité historique et il est considéré par les
spécialistes comme une allégorie des relations du Christ avec son église.
En effet, il est intéressant de noter
qu’alors que le Da Vinci Code suggère que ces Évangiles sont antérieurs au
Nouveau Testament, l’ ‘Évangile’ de Philippe cite des chapitres et des
versets du Nouveau Testament (ex 1 Corinthiens 8,1; 1 Pierre 4,8; Matthieu
15,13). C’est assurément une preuve concluante que l’ ‘Évangile’ de Philippe
a été écrit après le Nouveau Testament et non avant.
Il n’y a donc pas la moindre parcelle de
preuve historique du mariage de Jésus et de Marie-Madeleine. L’hypothèse
qu’ils aient eu une fille et que leurs descendants soient les rois de France
est tout à fait imaginaire. C’est de la pure fiction.
V. Existe-t-il des
preuves ‘d’une forme antérieure de Christianisme’ durant laquelle ‘personne
ne croyait que Jésus était Dieu’ ?
Le Da Vinci Code suggère que personne ne
croyait que Jésus était Dieu avant 325.
«Constantin a commandé et financé la
rédaction d’un Nouveau Testament qui excluait tous les Évangiles évoquant
les aspects humains de Jésus, et qui privilégiait – au besoin en les «adaptant»
– ceux qui le faisaient paraître divin. Les premiers Évangiles furent
déclarés contraires à la foi, rassemblés et brûlés. (…) Heureusement pour
les historiens, certains de ces Évangiles interdits ont survécu. On a
découvert en 1947 les manuscrits de
Or, on observe précisément le contraire. Les
Évangiles gnostiques ont tendance à être docétiques et à omettre les traits
humains du Christ pour l’embellir et le rendre plus divin. Le Nouveau
Testament affirme l’entière humanité de Jésus. Il avait un corps humain, il
a été parfois fatigué (Jean 4,6) et a connu la faim (Matthieu 4,2). Il a eu
des émotions humaines, il s’est mis en colère (Marc 11, 15-17), il a aimé
(Marc 10,21) et il a été triste (Jean 11,35). Il a eu des expériences
humaines: il a été soumis à la tentation (Marc 1,13), il a appris (Luc 2,52)
il a travaillé (Marc 6,3) et il a obéi à ses parents (Luc 2,51).
Les auteurs du Nouveau Testament avaient une
attitude très ferme avec ceux qui suggéraient que Jésus n’était pas
entièrement humain (1 Jean 4, 1-3; 2 Jean 7, Colossiens 2,8).
Ainsi les faits contredisent totalement ceux
exposés dans le Da Vinci Code. Le Nouveau Testament n’omet pas les Évangiles
qui évoquent les traits humains du Christ, sinon les Évangiles de Matthieu,
Marc, Luc et Jean auraient été mis de côté. Ce sont justement les Évangiles
gnostiques qui ont tendance à omettre son humanité. A l’inverse du Nouveau
Testament les Évangiles gnostiques ont tendance à être docétiques et à ne
pas parler du ministère du Christ en des termes très humains.
De plus, il est faux de déclarer qu’avant
325, personne ne croyait au caractère divin du Christ. Les analyses des
familles textuelles des Évangiles orthodoxes et leur comparaison avec des
extraits et des citations couplées à des corrélations historiques permettent
de les dater du premier siècle, indiquant ainsi qu’elles sont de loin
antérieures aux inventions gnostiques. Les Épîtres de Paul sont, bien
évidemment, plus anciennes même que les Evangiles. Paul est un personnage
historique et contemporain de Jésus et ses lettres datent de 48. Paul écrit,
par exemple, «Un seul Seigneur, Jésus-Christ par qui tout a été créé» (1
Corinthiens 8,6) et «il est à l’image du Dieu invisible. Par lui toutes
choses furent créées». (Colossiens 1,15-16).
Cependant, nous n’avons même pas besoin de
nous tourner vers le Nouveau Testament pour prouver que les Chrétiens
croyaient que Jésus était plus qu’un simple mortel longtemps avant l’époque
de Constantin. En 112, le gouverneur romain Pline écrit que «les chrétiens
avaient l’habitude de se retrouver régulièrement avant l’aube à date fixe
pour chanter des versets à tour de rôle pour honorer le Christ comme
Dieu.»19 Il est clair que les premiers chrétiens adoraient Jésus comme Dieu
dès les tous premiers jours.
De plus, il y a aussi de nombreux Pères de
l’Eglise qui parlent de la divinité du Christ. Par exemple:
- Ignace (env. 50 – env. 117) «Notre Dieu,
Jésus-Christ» 20
- Justin Martyr (env. 100- env. 165) « Il
était Dieu»21
- Meliton de Sarde (mort env. 190) «Etant
Dieu et en même temps un homme parfait» 22
- Irénée (env. 130- env. 200) «Il est le
Seigneur, le merveilleux, le conseiller … et le Dieu tout puissant» 23
- Clément d’Alexandrie (env. 150- env. 215)
«Lui seul est à la fois Dieu et homme» 24
- Tertullien (env. 160 – env. 225) «Car le
Christ est aussi Dieu» 25
Dans son ouvrage fondamental «les premières
doctrines chrétiennes», le Docteur J.N.D Kelly écrit : «L’opinion
universelle chrétienne dans les siècles précédents le concile de Nicée était
que Jésus-Christ était divin aussi bien qu’humain. La confession de foi la
plus ancienne était «Jésus est Seigneur» et sa signification a été
développée et approfondie à l’époque apostolique. Les auteurs du Nouveau
Testament considéraient généralement le Christ comme pré-existant, ils
avaient tendance à Lui attribuer une double origine «selon la chair» c’est à
dire comme homme et «selon l’Esprit» c’est à dire comme Dieu. Cette
expression était tellement ancrée dans leur esprit que ‘c’est la fondation
de tout le développement christologique qui suivit’.»26
Le Da Vinci Code échoue à produire le début
du commencement d’une preuve tangible d’une forme ancienne de Christianisme
où «personne ne croyait que Jésus est Dieu.» Les preuves historiques disent
tout le contraire.
Dès les premiers jours, Jésus était perçu
comme divin et adoré comme Dieu par les premiers chrétiens.
VI. Que s’est-il passé au Concile de
Nicée et quel a été le rôle de Constantin ?
Le Da Vinci Code affirme que la proclamation
de ‘Jésus’ comme ‘Fils de Dieu’ a été officiellement proposée et votée par
le Concile de Nicée. C’est-à-dire que la divinité de Jésus fut le résultat
d’un vote et, qui plus est, «d’un vote très serré.»27
Il est certainement faux de dire que
Constantin a «donné un coup de pouce divin» au statut de Jésus pour qu’il
soit considéré comme Dieu au concile de Nicée.28
Il est vrai que Constantin convoqua le
Concile de Nicée en 325 après Jésus Christ. Cependant il est faux de dire
qu’il a été païen toute sa vie et baptisé sur son lit de mort, trop faible
pour protester tel que l’affirme le Da Vinci Code.29
La politique de Constantin était d’unir les
chrétiens à l’Etat laïc. Il fit tout son possible pour concilier les païens
et les Chrétiens. Il est difficile de savoir quand il se convertit. Il est
vrai qu’il ne fut baptisé que peu de temps avant sa mort mais les reports de
baptême étaient fréquents à cette époque.
Sa politique a été fortement chrétienne dès
le commencement. Il a humanisé les lois relatives aux crimes et les lois sur
l’endettement. Il a adouci la condition des esclaves et a accordé des aides
pour l’éducation des enfants défavorisés. Il a découragé l’abandon des
enfants non désirés. Il a dégagé les célibataires et les personnes non
mariées de certaines taxes et a légiféré
contre la promiscuité. En 321, il a proclamé
le dimanche jour férié.
Constantin convoqua le concile de Nicée en
premier lieu pour mettre fin à la discorde provoquée par la controverse
arienne. Arius enseignait que, bien que Jésus soit le Fils de Dieu, il était
moins grand que le Père. Il était un Dieu de moindre importance (le plus
proche équivalent pourrait être les Témoins de Jéhovah aujourd’hui).Le
Concile de Nicée a été ouvert par Constantin qui en a ensuite transmis la
présidence à d’autres. Son objectif principal était d’assurer l’unité plutôt
que d’atteindre un verdict théologique prédéterminé.
Le Concile a probablement réuni entre 220 et
250 évêques.
Le credo arien a été rejeté. Ils ont écrit le
credo de Nicée, avec 4 anathèmes anti-arien. Il a été accepté par tous sauf
2 évêques (plus de 99% ont été favorables). Ils ont déclaré que Jésus était
le Fils de Dieu «engendré non pas créée de même nature que le Père» 30.
Il est totalement erroné de penser que «Jésus
n’était jusqu’alors considéré que comme un prophète mortel… un homme
exceptionnel en tous points, certes – mais mortel.»31. Jésus a été considéré
comme le Fils de Dieu depuis le tout début. Le débat de Nicée ne portait pas
sur le fait de savoir s’il était le Fils de Dieu ou un simple mortel mais
sur le fait de savoir s’il était de la même substance que le Père ou un Dieu
de nature inférieure. Le vote n’était pas un «vote à faible majorité»31 mais
celui d’une majorité écrasante en faveur de la vraie Foi.
Il n’est pas vrai non plus de dire que «
Le noyau des 4 Évangiles et des 13 lettre de
Paul a été accepté vers 130 après Jésus Christ et a été mis sur un pied
d’égalité avec l’Ancien Testament entre 170 et 220 après Jésus Christ. Le
fragment Muratorien (env. 170 après JC) prouve que 61 des
«Il faut bien souligner une chose. Les livres
du Nouveau Testament n’ont pas pris valeur de loi pour l’Église parce qu’on
les a officiellement placés parmi les textes canoniques; au contraire
l’Église les a inclus dans le canon parce qu’elle les considérait déjà comme
d’inspiration divine et reconnaissait leur valeur intrinsèque et leur
autorité apostolique, directe et indirecte. Les premiers conciles
ecclésiastiques en vue de classer les livres canoniques se sont tous deux
tenus en Afrique du Nord (à Hippo Regius en 393 et à Carthage en 397) mais
ce que ces conciles ont fait n’est pas d’imposer quelque chose de nouveau
aux communautés chrétiennes mais de codifier ce qui était déjà la pratique
générale de ces communautés.» 33
Les ‘Évangiles’ gnostiques n’ont jamais
figuré parmi les livres que l’église primitive considérait comme devant
faire partie des textes canoniques. Ils ont été écrits un siècle trop tard
pour avoir eu comme auteurs les personnes qu’ils mentionnent (par exemple,
Thomas, Philippe ou Marie Madeleine).
Même Marcius, chef spirituel des gnostiques
au 2e siècle, n’a pas classé ces textes dans son propre canon,
mais seulement les livres que l’on trouve dans notre Nouveau Testament
actuel. C’est la preuve la plus convaincante que les prétendus ‘Évangiles’
gnostiques n’existaient pas à cette époque.
De plus, il est absurde de suggérer que
Constantin a embelli les Evangiles que nous connaissons. Nous savons, grâce
à la science de la critique textuelle qu’ils n’ont pas été modifiés.
Certains parchemins datent d’avant 325 et nous avons des fragments de
l’Évangile de Jean qui, selon des études paléographiques, datent d’environ
130. Ils sont visibles à la bibliothèque John Rylands de Manchester. Il
reste d’importants fragments d’exemplaires en papyrus des livres du Nouveau
Testament datant du 2e et 3e siècle à la bibliothèque des papyrus bibliques
de Chester Beatty. Beaucoup de vieux manuscrits sont visibles dans les
bibliothèques et les musées du monde entier. Ils peuvent être comparés aux
milliers de manuscrits plus récents et il est alors absolument clair qu’ils
n’ont pas été modifiés ou embellis par Constantin ou par quelqu’un d’autre.
Le Da Vinci Code ne produit donc pas la
moindre preuve d’une forme plus ancienne de chrétienté que celle que nous
trouvons dans notre Nouveau Testament.
Si le Da Vinci Code se présente seulement
comme un roman, cela ne pose pas de problème. S’il prétend être fondé sur
l’érudition, alors c’est fantaisiste, absurde et en fin de compte ridicule.
C’est un nouveau mythe. C’est un mythe gnostique du 21e siècle.
VII. Où est la vérité ?
Le Nouveau Testament présente les faits
relatifs à la personne du Christ plutôt qu’il ne tente de les expliquer. Les
Evangiles, les Actes des Apôtres et les Epîtres montrent clairement que les
premiers chrétiens étaient convaincus que Jésus était à la fois pleinement
humain et pleinement Dieu. La tâche de l’Eglise était d’approfondir et
d’exprimer en des termes précis la vérité théologique impliquée par ces
faits.
L’apôtre Paul et les premiers auteurs
chrétiens voulaient davantage insister sur la réalité de la divinité et de
l’humanité du Christ que tenter de les relier. Ce n’est que lorsque des
déviations de la vérité sont apparues, tel le point de vue gnostique (qu’il
n’y a pas d’humanité réelle du Christ) que les apologistes du 2e siècle ont
commencé à travailler sur les implications de l’incarnation.
Les premières controverses furent finalement
réglées au Concile de Chalcedoine en 451 par les formules: «un seul et même
fils … la même perfection dans la divinité et la même perfection dans
l’humanité, vrai Dieu et vrai homme … comme nous en toutes choses excepté le
péché.»34 Cela a été accepté comme la définition classique de la foi
chrétienne.
La vérité c’est que Jésus est vraiment mort
pour nos péchés et que le pardon est possible. Il est ressuscité des morts
et la mort a été vaincue. Ces faits ont transformé la vie des premiers
chrétiens. C’est un message pour lequel beaucoup d’apôtres et des milliers
d’autres étaient prêts et sont encore prêts à souffrir, à être torturés et à
mourir. C’est un message qui a transformé le monde ancien et continue de
transformer notre monde aujourd’hui.
La vérité sur Jésus est plus merveilleuse et
plus passionnante que tous les mythes. Les mythes n’ont pas le pouvoir de
changer les vies. Seul le message du vrai christianisme a le pouvoir de
libérer de l’héroïne, de l’excès d’alcool, de réunir mari et femme, parents
et enfants, et de changer les communautés. Les mythes sont mortellement
ennuyeux comparés au christianisme.
(…)
Notes
1. Le
Daily Telegraph, 3 octobre 2004.
2. Le
New York Times, 17 mars 2003.
3.
Mark Greene, Cracking the Code, Londres, Intitute for Contemporary
Christianity, available at
http://www.licc.org.uk/articles/article.php/id/130.
4.
Carl Olson et Sandra Meisel, The Da Vinci Hoax – Exposing the errors in the
Da Vinci Code (Ignatius Press, 2004), p 296.
5.
Cardinal Georges, préface de The Da Vinci Hoax – Exposing the errors in the
Da Vinci Code (Ignatius Press, 2004), p 11.
6. The
Times, octobre 2004.
7. Dan Brown, Da Vinci Code, Lattès mai 2004,
p 294.
8. Da Vinci Code, Lattès, p. 322.
9. Da Vinci Code, Lattès, p. 9.
10. du site officiel de Dan Brown:
www.danbrown.com/novels/davinci_code/faqs.html.
11. Da Vinci Code, Lattès, p. 308.
12. Da Vinci Code, Lattès, p. 293.
13. Da Vinci Code, Lattès, p. 320.
14.
James M. Robinson (ed.), The Nag Hammadi Library (Harper San Francisco,
1977, 1990), p 138.
15. Da Vinci Code, Lattès, p. 308.
16. Da Vinci Code, Lattès, p. 310.
17. Da Vinci Code, Lattès, p. 310.
18. Da Vinci Code, Lattès, p. 293.
19. Pline, LettresI, Livre X, 96 c.112
20. Ignace d’Antioche, Lettre aux Ephésiens,
chapitre 15.
21. Justin Martyr, Dialogue avec Tryphon,
Chapitre 126.
22. Meliton de Sarde, fragment dans Le Guide
d’Anastase du Sinaï.
23. Irénée, Contre les hérésies, livre 3,
chapitre 29 :1,2.
24. Clément d’Alexandrie, Exhortation aux
grecs, 1:7:1.
25.
Tertullien, L’âme, 41:3.
26.
J.N.D. Kelly, Early Christian Doctrines (Adam and Charles Black, 1980), p.
138.
27. Da Vinci Code, Lattès, p. 291.
28. Da Vinci Code, Lattès, p. 292.
29. Da Vinci Code, Lattès, p. 289.
30. Credo de Nicée Constantinople.
31. Da Vinci Code, Lattès, p. 291.
32. Da Vinci Code, Lattès, p. 289.
34. Concile de Chalcédoine.
(…)
Nicky
Gumbel
B- UNE APPROCHE THEOLOGIQUE ET PHILOSOPHIQUE
L' historicité du
christianisme et le Da Vinci Code
Paul Wells
La foi chrétienne est fondée sur des faits
historiques. Privée des grands événements de 1 'histoire révélée du salut,
elle perdrait de sa substance. Ses confessions regorgent d'allusions à des
faits historiques importants: le Christ
« a été crucifié sous Ponce-Pilate »,
il est ressuscité « au troisième jour »...
Au cours du siècle dernier, des penseurs se
sont interrogés pour savoir si oui ou non les événements bibliques avaient
réellement eu lieu. Leurs doutes et leurs réfutations étaient formulés dans
la perspective de l' humanisme athée et agnostique.
Actuellement, l' individualisme postmoderne
nous offre un changement radical en ce qui concerne la question de l'
histoire. La plausibilité de la tradition chrétienne n'est plus l' objet d'
attaques frontales, les offensives viennent désormais des adeptes d'un «
christianisme alternatif » ou de ceux du Nouvel Age. Ce qui intéresse dans
une religion n' est pas de savoir si les faits historiques sont exacts ou
non, mais si elle présente une histoire attrayante pour nos contemporains,
lesquels ne peuvent plus se résoudre à accepter un salut exclusif, un Dieu
tout-puissant, un Sauveur qui soit à la fois masculin, divin et humain.
Derrière cette façon d' aborder les choses se
trouve le présupposé que les textes du Nouveau Testament sont d' origine
secondaire ; ils seraient des récits tardifs, peu fiables, pour dire ce qui
s' est réellement passé. Le vrai Jésus se dévoilerait plutôt dans des écrits
tels que L 'Evangile de Thomas, écrits qui, pour certains, auraient
une origine primitive. La littérature gnostique doit se voir accorder droit
de cité au même titre que les Evangiles de nos Bibles.
Ce point de vue est sous tendu par la
suggestion - dont se délectent nos contemporains - que l' Eglise officielle
aurait usé de son pouvoir pour étouffer la vérité, vérité mise au jour par
des recherches scientifiques récentes, à la fin du XX° siècle. Comme cela
tombe bien !
Des Best-sellers contestables
Selon les dires de l' un des personnages de
Dan Brown, dans Da Vinci Code (Lattès) : « De nombreux chercheurs
prétendent que l' Eglise primitive a littéralement volé Jésus à ses premiers
disciples, détournant son message humain, le recouvrant d' un manteau
impénétrable de divinité, pour le remodeler à leur propre fin ».
Qu' y-a-t-il en jeu ici ? Il ne s'agit plus
d'un simple débat entre théologiens, mais d' idées transmises par la
littérature populaire. Da Vinci Code s' est vendu à plus de 10
millions d' exemplaires, en anglais, avant de devenir un best-seller en
traduction française (et un film de Hollywood), sans pour autant être un
livre inédit ou bien écrit. Il s' inspire, en grande partie, du livre de
Michaël Baigent,
Ces gros tirages, et d' autres encore,
puisent dans un fonds commun d' ésotérisme, dont la substance peut être
résumée de la façon suivante :
. Le Jésus des Evangiles serait un faux
inventé de toutes pièces par l'Eglise primitive et imposé aux
fidèles de manière à cacher la vérité
concernant Jésus.
. Le christianisme a éliminé le féminin en
Dieu et il conviendrait de retrouver la notion de déesse
pour qu' une nouvelle ère de spiritualité
puisse être inaugurée.
. Jésus aurait été un homme ordinaire, il
aurait épousé Marie-Madeleine et sa descendance pourrait encore exister de
nos jours.
. Le Saint Graal ne serait pas la coupe de
. Ces secrets auraient été gardés au cours
des siècles par les sociétés secrètes ayant des liens entre elles, telles
que les Templiers, les Francs-Maçons, et un groupe occulte appelé le Prieuré
de Sion, qui prétendraient être la descendance de la lignée de Jésus.
. Le temps viendra où un nouveau prêtre roi
se révèlera, 1' « anti-christ » ; il s' opposera au Christ masculin inventé
par l'Eglise et produira un nouvel ordre mondial.
Brown prétend que ces idées sont présentes
dans les tableaux de Léonard de Vinci, membre de ce groupe occulte, de même
que d' autres illustres personnages tels que Galilée, Isaac Newton, Victor
Hugo et Jean Cocteau. Selon lui, c'est Marie-Madeleine qui serait assise à
la droite de Jésus sur le tableau de Vinci,
Le livre de Brown est truffé d'erreurs : dans
son interprétation de l'Ecriture, dans son interprétation du symbolisme
religieux ; quant à la lecture qu' il fait de l'histoire de l' art, elle n'
amuse plus qu'elle n' inquiète les spécialistes. Le vrai problème est que sa
thèse semble tout à fait plausible à ceux qui ne connaissent ni les
Ecritures ni l' histoire. Les lecteurs ignorants du message chrétien qui
lisent ces ouvrages populistes risquent fort d' être pris au piège et de s'
imaginer qu' ils ont découvert la vérité vraie au sujet de Jésus et que les
Evangiles sont truffés de mensonges. Car, comme Brown le dit lui-même : «
Nous avons tous le goût de la conspiration ».
La thèse de Brown
Le personnage principal du roman Da Vinci
Code estime que « toute foi dans le monde entier, est basée sur une
construction de l' esprit. La définition même de la foi est que nous
acceptons comme vrai ce que nous supposons être vrai, ce dont nous ne
pouvons pas prouver la véracité. Chaque religion décrit Dieu au moyen de
métaphores, d' allégories et d' exagérations pour permettre à nos
intelligences de les comprendre. Il y a un problème dès que nous mettons à
croire littéralement à nos métaphores… Ceux qui comprennent vraiment leur
foi discernent qu' il ne s' agit que de métaphores. L' allégorie religieuse
fait partie de la réalité. »
Ainsi Brown crée un cercle vicieux ; d' une
part, il propose une version de l' histoire qu' il veut faire passer pour
vraie, et d' autre part, il soutient que toute religion est basée sur une
construction de l' esprit. Ceux qui voudraient prendre au pied de la lettre
l' histoire de Brown et la recevoir comme une révélation ésotérique des
mensonges avancés par l' Evangile chrétien - l' Eglise ayant manipulé et
déformé les faits depuis deux mille ans - n' ont, en définitive, qu' une
construction de l'esprit comme fondement de leur foi.
Autrement dit, en cherchant à se servir de la
modernité pour démolir des faits réels qui fondent la vérité chrétienne et,
ensuite, de la post modernité pour construire une nouvelle spiritualité, on
finira par s' apercevoir qu' elles se neutralisent l' une l' autre. Ceux qui
prennent l' épée meurent par l'épée.
Paul Wells, professeur de théologie
systématique
C-
UNE APPROCHE ARTISTIQUE
par le théologien protestant Jérôme Cottin.
Léonard de Vinci
réalisa sa peinture murale entre 1495 et 1497 pour le réfectoire du couvent
dominicain de Santa Maria delle Grazie à Milan. Ce chef- d’œuvre de
Jérôme Cottin
L’ article
suivant est tiré du magazine Pèlerin, cité sur « DaVinci-Codex.com »
|
|||||||||||||||||