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PETITE HISTOIRE
DU PROTESTANTISME EN NOUVELLE-CALEDONIE
Par le pasteur Serge Martorana
C’est en 1774 que James Cook découvre, et baptise
(du nom de son Ecosse natale),
En fait, les missionnaires protestants précèderont de
trois ans les premiers missionnaires catholiques, arrivés en Décembre 1843 à
Ballade, au nord-est de
En 1841, le Camdem, le bateau de
Toujours en 1841, Taniela et Tataïo sont envoyés sur
l’île de Maré. Le fait d’ y trouver quelques descendants maoris, comme eux,
parlant à la fois leur langue et la langue de Maré, leur permettra
d’annoncer l’Evangile en étant traduits… Maré reçoit l’Evangile. De là, en
1842, un autre teacher, Fao, est envoyé à Lifou. Il peut être intéressant de
dire ici que les évangélistes océaniens, envoyés par
C’est à Lifou que
A cette époque, des pasteurs kanaks sont même
envoyés, dans le cadre de
Ces hommes et leurs familles ne calculeront pas la
dépense pour annoncer le Christ à leurs concitoyens, n’hésitant pas à
pénétrer la chaîne montagneuse séparant l’ouest et l’est de
Au cours de deux de ces tournées missionnaires de
plusieurs mois, le pasteur Eötr perdra successivement, de maladie, deux de
ses fils. Le même pasteur, alors qu’il devait se rendre d’une tribu à
l’autre pour porter
Un autre exemple de la puissance de l’œuvre de Dieu ;
deux laïcs étaient venus de Lifou sur
En fait, de manière générale, la population locale de
tendance animiste, était déjà très sensible à la dimension spirituelle.
Ajouter à cela le courage, l’amour, la force de la prière et l’implication
sociale des missionnaires, protestants comme catholiques, (fondation
d’écoles privées, de dispensaires, de centres d’agriculture…) et le
christianisme s’implantera rapidement et durablement en Nouvelle-Calédonie !
Il était important, au travers de ces quelques
exemples, parmi tant d’autres, de montrer comment Dieu a été à l’œuvre,
depuis le début, avec ses serviteurs en Nouvelle-Calédonie.
Revenons succinctement au contexte politique troublé
dans lequel cette implantation de la foi chrétienne va se poursuivre après
1853 (prise de possession par
Les chefs qui ne se soumettaient pas étaient tués ou
envoyés en exil ; leur tribu pouvait être pillée et rasée, parfois déplacée…
Plusieurs révoltes verront jour mais l’une des plus
violentes reste celle de 1878. Le chef Attaï va voir alors le gouverneur
avec deux sacs, l’ un empli de bonne terre, l’ autre de cailloux ; puis
montrant le premier : « voilà ce que nous avions et voici ce que tu nous as
laissés »… Il est le chef d’une insurrection générale, qui sera, elle aussi
réprimée dans le sang. Le gouverneur écrira à son ministre : « …On a brûlé
tous leurs villages, détruit toutes leurs cultures… Les femmes ont été
données aux tribus alliées… »
Les autorités de l’ époque auront effectivement une
politique de séparatisme (diviser pour mieux régner !), montant les tribus
ennemies contre les tribus alliées, promettant à celles-ci ou à leurs chefs
quelques avantages…
Mais ce qui est grave, pour revenir au cheminement du
protestantisme sur le territoire, c’est que les gouverneurs, aidés des
gendarmes de l’époque auront la même politique dans le domaine religieux.
L’équation était simple : « Protestants = Mission de Londres = Empire
britannique = Ennemis ! » (Par rapport à la compétition que les deux empires
menaient notamment pour les colonies) ; « Catholiques = Amis du pouvoir
français = Alliés à favoriser ».
Les autorités vont donc commencer à monter aussi les
tribus catholiques contre les protestantes (alors que souvent, elles
vivaient déjà en bonne intelligence). En 1864, sous le Gouverneur Guillain,
Maré et Lifou sont déclarées possessions françaises. Une base militaire est
installée sur Lifou, les missionnaires anglais sont chassés et les écoles de
A Maré, ce sont des chrétiens catholiques qui sont
expulsés vers l’ Ile des Pins…
Toujours est-il que les pasteurs sont souvent
traqués, toujours mal vus et que les « politiques de déplacements » se
poursuivent. C’est dans ce contexte, devant abandonner leur coopération avec
C’est ainsi que l’un des tous premiers missionnaires
français à avoir admirablement marqué l’histoire de
Maurice Leenhardt fonde la mission « Do Neva » (« le
vrai pays ») à Houaïlou (côte est de
Aujourd’hui, 40% de la population totale est
protestante et près des deux tiers de la population mélanésienne se réclame
du protestantisme. Pratiquement tous les courants protestants sont
représentés. Une majorité d’Eglises (près de 70%) appartient à la tradition
réformée (dite « Eglise Evangélique de Nouvelle-Calédonie et des Iles
Loyauté », EENCIL, appelée aussi « l’Eglise autonome ») ; d’autres (environ
25%) appartiennent au mouvement de « l’Eglise Evangélique Libre », EEL,
d’autres encore sont dans les courants pentecôtistes, adventistes, etc.
Les membres des deux Eglises majoritaires,
EENCIL et EEL, sont essentiellement d’origine mélanésienne, ce qui en fait
des communautés où, d’une part, « la coutume » (ensemble des règles qui
régissent l’organisation de la tribu, de la famille, les relations
interpersonnelles, etc.) est très présente et, d’autre part, assez marquées
politiquement (de tendance indépendantiste) même si de plus en plus de voix
s’élèvent en leur sein pour mettre en garde les autorités de l’Eglise contre
les dangers inhérents à une prise de position, quelle qu’elle soit, en
matière de politique, qui serait « officielle »…
Terminons en disant que les Eglises du
territoire, toutes obédiences confondues, demeurent extrêmement ferventes,
accueillantes et dynamiques dans bien des domaines (évangélisation, actions
sociales ou culturelles, etc.)
SM
Sources :
-
Le texte des accords de Nouméa
-
Temps et Mémoires du pays Kanak. Comité du 150ème, 1853-2003.
-
ITSEE (Institut Territorial de
-
Do Kamo de Maurice Leenhardt
-
Le témoignage de Ta’Unga, Société des Etudes Historiques de Nouvelle-Calédonie
-
Guides ou livres divers
-
Enquêtes et entretiens avec des anciens et des responsables locaux,
parfois membres des familles ou des tribus qui ont vécu ces choses. Certains
de ces évènements sont peut-être relatés pour la première fois par écrit.
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