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Le peuplement de la Nouvelle-Calédonie résulte de migrations au départ de la Chine du sud il y a 5 000 ans et qui ont concerné tout le Pacifique. C’est le Britannique James Cook qui découvre la Nouvelle-Calédonie en 1774. Il débarque sur la côte Est de la Grande Terre et baptise l’île New Caledonia du nom d’une région de Grande-Bretagne (Caledonia est l’ancien nom de l’Ecosse). Il faut attendre 1827 pour que le Français Dumont d’Urville cartographie les côtes des Iles Loyauté.

totemPar la suite, dès les années 1820, des baleiniers commencent à s'intéresser à la Nouvelle Calédonie, mais c'est surtout à travers le commerce du bois de santal, à partir de 1840, que des contacts réels vont se nouer entre Européens et Kanaks. Les missionnaires arrivent en 1841 aux Iles Loyauté et à l'Ile des Pins (Kunié). Mais ils apportent avec eux des maladies nouvelles. Le chef de Kunié initialement intéressé par l'implantation de la mission devient hostile à la nouvelle religion à laquelle il attribue notamment une épidémie. Les missionnaires sont alors massacrés. Cette période dite des « premiers contacts », est synonyme d’un fort déclin démographique de la population originelle, avec comme cause principale, le choc microbien.

Le 24 septembre 1853 sur ordre de Napoléon III, le contre amiral Fevbrier-Despointes prend officiellement possession de la Nouvelle-Calédonie. Port-de-France (Nouméa) est fondé le 25 juin 1854. L'objectif de ces premières missions françaises est d'étudier la possibilité d'une colonisation et l'installation d'un bagne.  

Le bagne marque très profondément l’histoire de la colonisation de la Nouvelle-Calédonie.  Les racines familiales de nombreux Calédoniens puisent leur source dans la déportation. En 1863, la Nouvelle-Calédonie est désignée comme colonie pénitentiaire pour les condamnés aux travaux forcés. Ce sont plus de 20 000 hommes et 250 femmes qui sont envoyés dans les centres pénitentiaires de l’archipel. Entre 1872 et 1880, à la suite des condamnations prononcées contre les insurgés de la Commune de Paris de 1871, 4 250 déportés arrivent en Nouvelle-Calédonie. En 1864, une loi donne la possibilité aux condamnés « rendus dignes d’indulgence » d’obtenir une concession de terrain. 110 000 hectares des meilleures terres du pays, souvent prélevées au détriment des tribus, sont donnés aux condamnés de droit commun.

bagne

La colère se fait alors sentir chez les Mélanésiens poussés hors de leurs terres par le front de colonisation. En 1878, Ataï, Grand Chef de Komalé, devient le symbole d’une révolte sanglante qui marque profondément les revendications mélanésiennes. Près de 5% de la population est tuée lors de la répression des attaques. L'espace des Mélanésiens est encore plus restreint car l'administration confisque les terres des rebelles. Des clans entiers sont déplacés loin de leur terre, dans le sud et à l'Ile des Pins.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Nouvelle-Calédonie se rallie à la France libre en 1940 et devient la principale base extérieure pour les Américains engagés dans la campagne du Pacifique. Le 12 mars 1942, plusieurs dizaines de milliers d'hommes arrivent en Nouvelle-Calédonie. 600 000 militaires américains y séjournèrent et les troupes américaines comptèrent jusqu’à 50 000 hommes ; c'est un bouleversement pour un si petit territoire. Des aérodromes sont aménagés, des centres hospitaliers sont installés, sans parler de l’influence du mode de vie américain.

La Nouvelle-Calédonie accède au statut de Territoire d'Outre-Mer (TOM) en 1946. Avec la fin de l’indigénat, les Kanaks deviennent des citoyens à part entière et le pays expérimente un grand nombre de statuts et de réformes dans un processus de décolonisation original. La scène politique est alors est dominée par l'Union Calédonienne (UC) alliance pluriethnique et autonomiste, fondée en 1956 avec pour devise « deux couleurs, un seul peuple ». Au cours des années 1970, marquées par l'essor de la production du nickel, puis la récession, et l'installation de nouveaux arrivants - Néo-Hébridais et Wallisiens pour la plupart - ce consensus politique se fissure. Jean-Marie Tjibaou, développe le thème de l'« identité kanake » qui fonde la revendication de l'indépendance sur une base culturelle et de la renaissance d'une fierté d'être Mélanésien. Sous son impulsion, l'UC opte officiellement pour l'indépendance en 1977. En face, les opposants à l'indépendance se fédèrent au sein du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) fondé par Jacques Lafleur la même année. En 1984, mécontent du nouveau statut préparé par le secrétaire d'État à l'Outre-mer, le Front de Libération National Kanak Socialiste (FLNKS) de la mouvance indépendantiste, décide de boycotter les élections territoriales. C'est le point de départ de quatre années de conflits politiques et ethniques appelées les « Évènements » (1984-1988) ; les radicaux des deux camps forment des milices qui s'affrontent violemment. La violence culmine en 1988 avec la prise d'otages d'Ouvéa : des indépendantistes radicaux prennent d'assaut la gendarmerie d'Ouvéa et y assassinent 4 gendarmes. Ils prennent également en otage les 27 autres gendarmes de l'île. L'assaut de la grotte où les gendarmes étaient retenus en otage, se solde par la mort de 19 indépendantistes et de deux militaires.

Cet épisode pousse les deux camps et leurs leaders à négocier sous la médiation du Premier ministre Michel Rocard, aboutissant à la signature des Accords de Matignon le 26 juin 1988. Ces accords prévoient la mise en place d'un statut transitoire de 10 ans devant se solder sur un référendum d'autodétermination pour que les Calédoniens se prononcent pour ou contre l'indépendance. Jean-Marie Tjibaou est assassiné le 4 mai 1989, avec Yeiwéné Yeiwéné, son bras droit au FLNKS, lors de la commémoration de la tragédie d'Ouvéa, par Djubelly Wéa, un Kanak indépendantiste, opposé aux accords de Matignon. Il s'agit du dernier épisode sanglant des années 1980.

Au cours des dix années de période transitoire, la paix civile est durablement restaurée et l'organisation institutionnelle stabilisée. Les partenaires conçoivent dès lors la nécessité de préserver ces acquis en évitant une consultation référendaire sur l'autodétermination susceptible de raviver les antagonismes.

L'Accord de Nouméa du 5 mai 1998 prévoit alors la mise en place d'une autonomie forte (avec des transferts progressifs de compétence, à l’exception des pouvoirs régaliens que sont la sécurité, la justice, le droit général, la monnaie, la politique étrangère) et la construction d'un destin commun. Le référendum portant sur l’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie devrait avoir lieu à l’horizon 2014.