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La Moqueuse est en escale à Port Vila, au Vanuatu, sur son chemin vers l’Iper à Papeete, lorsqu' un appel en provenance du PC opérations de Nouméa lui parvient. Changement dans le programme : le cyclone “Ami” a dévasté l'ile de Cicia, une mission d’aide a été décidée. Le patrouilleur est dérouté pour acheminer du fret humanitaire à Fidji entre la capitale Suva et l’île de Cicia.
L’annulation de l’escale de Rotuma est entérinée. Le navigateur et ses timoniers se mettent à pied d’œuvre pour préparer la navigation. L’île de Cicia fait partie du groupe des Lau, réservées, selon la coutume, aux ressortissants fidjiens, et pour cette raison elle est peu décrite dans les documents nautiques. Seule la marine fidjienne sera en mesure d’apporter quelques informations sur l’île. Dès le lendemain, au petit jour, nous appareillons pour deux jours de traversée. Singularité militaire au beau milieu d’une nuée de pêcheurs asiatiques, La Moqueuse est accueillie à Suva par l’ambassadeur de France, accompagné de la presse. Il vient superviser la délivrance de l’aide alimentaire et technique. Fournie dans le cadre des accords Franz (voir encadré), celle-ci représente sept tonnes de nourriture sous forme de produits de base (riz, sucre, huile etc, mais également citernes et produits de décontamination) et environ deux tonnes de matériel destiné à la réhabilitation des habitations touchées par le cyclone : bois, bâches, outils. |
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| Embarquement et débarquement de l'aide humanitaire apportée par le patrouilleur |
Une zone méconnue
L'énergie de l’ensemble de l’équipage ainsi que la préparation en amont des services de l’ambassade permettent d’achever l’embarquement dans la matinée en même temps que les formalités administratives et phytosanitaires. Les roofs et plages sont couverts de bâches abritant la précieuse cargaison.
Il reste à accueillir les officiels français, onusien et fidjiens. Dans l’après-midi embarqueront l’ambassadeur de France à Suva, le chef coutumier de la province de Cicia qui, seul, sera à même de faire accepter le débarquement, deux journalistes, et deux experts qui procèderont à l'évaluation des dégâts.
La marine fidjienne a fourni quelques cartes et des méthodes de navigation du type Pacifique sud : “le platier de corail à main droite… cap sur le cocotier à droite de la case à toit vert… mouiller à deux encablures du wharf.” Le soucis du système géodésique semble ici une amusante préoccupation. La Moqueuse peut quitter le quai et elle s’enfonce dans la nuit de la mer de Koro, cap à l’est sur l’archipel des Lau.
Débarquement impossible
À 7h le lendemain, l’approche de l’île révèle l’impossibilité de mouiller. Le dinghy mis à pied d’œuvre pour les plongeurs confirme la nature trop accore des fonds. Le seul quai de l’île ayant été détruit par le cyclone, le débarquement est décidé avec le patrouilleur à la dérive à quelque distance du récif. Croire que mettre à terre la cargaison et repartir est réalisable est méconnaître le système coutumier du pouvoir qui prévaut en Mélanésie. Le chef coutumier de la province est envoyé pour négocier le débarquement des biens. À 9h30, le débarquement commence avec la drome du bord et le concours d’embarcations locales. Pendant ce temps, l’ambassadeur et le commandant sont reçus par les autorités de l’île, avec force discours coutumiers et kava - boisson rituelle à base de racines. En fin de matinée, l’aide est officiellement remise aux autorités de l’île au nom de la France, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. La célérité de l’équipage a permis un débarquement en mer aussi bref que l’embarquement à quai.
Pour terminer, à 20h, La Moqueuse quitte Cicia vers Suva pour y débarquer les passagers. Bilan: un mois de suffisance alimentaire pour les mille habitants de l’île, et le début de la reconstruction. L’aide de la France sera suivie, un mois plus tard, de celle du territoire de la Polynésie française, puis de celle de l’Union européenne début mars.
Les accords Franz Signés en 1992 par la France, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ils visent à préparer puis à apporter une aide humanitaire à un pays du Pacifique Sud frappé par une catastrophe naturelle. Des stocks d’urgence, des moyens d’acheminement et des structures de réaction sont élaborés dans chacun de ces pays pour permettre plusieurs interventions annuelles dont ont bénéficié en 2003 le Vanuatu, les îles Salomon et Fidji. Les forces armées de Nouvelle-Calédonie sont parmi les premiers vecteurs de cette aide. |
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Surveillance accrue La Moqueuse a entamé sa patrouille au nord et à l’est du territoire. Si la Nouvelle-Calédonie ne concède de licence de pêche qu’à des armements français, ce n’est pas le cas de Vanuatu, qui autorise certains pêcheurs taiwanais ou japonais à exploiter la ressource de sa ZEE. La contiguïté de ces zones entraîne une vigilance particulière de la Marine, sous forme de missions Surmar par Gardian et P 400, y compris au profit de l’Etat ni-vanuatu au titre de la coopération.
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